Je m’étais pas préparé, mais croyez-moi, ça va dépoter sec.
(ou « A la recherche de l’appartement idéal pour une colocation », partie 1)
Oui, lecteur, ça y est ! Me voilà de nouveau à la conquête des affaires immobilières parisiennes ! La dernière fois, c’était en 2006, j’avais du pousser la porte d’à peu près 120 studios, en vain. J’avais sillonné tout le 14è, tout le 15è, tout le 9è, tout le 10è, … Et puis, finalement, juste par curiosité, j’avais visité un truc étrange dans le 8è … ça fait donc 3 ans que j’habite dedans.
Pourquoi partir ? Il est beau, mon couloir-avec-balcon, mon Triangle, ma petite Corse (si si, vu du dessus …). Il est joliment aménagé, il a une vue sur la Tour Eiffel, une super lumière, j’y fus heureux et malheureux … Blah blah blaaaaah.
1) Il devient jovialement hors de prix. Ben oui, habiter le 8è, avec autant de trucs bien tout autour (5 métros, 2 RER, un resto de chaque nationalité, une banque de chaque enseigne, les grands magasins, des théâtres, des cinémas, …), ça finit forcément par se ressentir sur le loyer. Et avec un taux d’augmentation mortel, mon Triangle se monnaie de plus en plus cher : 35€ d’augmentation du loyer par an depuis 3 ans, ben ce n’est plus vraiment une aubaine. A moins de gagner au Loto … Et puis même, je refuse de mettre autant d’argent dans si peu de mètres carrés.
2) Après 5 ans de vie en solo, j’en ai un peu assez. Ma brève expérience de colocation (en décembre, j’ai hébergé un Picard, ça a ruiné mon couple définitivement …) m’a fait comprendre l’intérêt de ce mode d’habitation, mais aussi les sécurités à mettre en place. Et puis, je suis sûr que j’ai chopé des réflexes de vieil aigri. Bref : time is to live en coloc’. C’est sympa, ça oblige à réfléchir à plein de trucs (genre « Si on prend un chat, on l’appellera comment ? » ou « tu aimes la couleur bleue pour des toilettes ? »).
3) J’ai la bougeotte. Depuis 10 ans, j’ai connu 5 toits différents (3 à Caen, 2 à Paris). 3 ans au même endroit, ça me paraît infiniment long … C’est pas pour rien que je parle d eplus en plus de partir bosser à l’étranger, même si c’est pas pour tout de suite. Alors faut compatir : je suis un semi-sédentaire de l’appart’.
Bref. Après avoir trouvé un colocataire motivé (comprendre : ni « je te tiens au courant » ni « je ne sais pas encore » mais « tope-là, on part à la recherche de l’appart’ « ) et correspondant aux critères (ouvert, maniaque, sérieux, … et gay-friendly), il ne restait donc plus qu’à courir les agences et les particuliers pour trouver le F3 idéal (= 1300€ max, pas trop mal situé).
Sur le net, je trouve « charmant F3 sur cour entre Ménilmontant et République, 2 chambres, salon, sdb, wc séparés, cuisine, entrée avec parquet, 1250€ hors charges, clair et calme ». Forcément, ça a l’air parfait. J’y suis donc allé.
- La rue Oberkampf, c’est plein d’avantages : plein de petits commerçants, à deux pas du Père-Lachaise et la Ménagerie de Verre, un métro à chaque bout (Ménilmontant et Parmentier, soit 3 lignes)… Pas une station Vélib’ à proximité, peu de bus, du scooter dans tous les sens, et un parc très mignon, mais toujours fermé. Soit, on sortira pas dans le quartier.
- L’appartement est au 5è étage sans ascenseur dans un immeuble de fond de cour. Autant dire que quand tu rentres du boulot, de soirée ou des courses, tu maudis la planète entière, effet Home ou pas. Les escaliers sentent l’urine et la vieille encaustique, ils sont raides et étroits (la preuve, la peinture porte les marques des déménagéments de ces 15 dernières années …), bref, ça sent le déménagement galère.
- Voir plan ci-dessous. Une entrée en couloir, classique. Tout de suite à droite, une chambre claire, mal raccordée électriquement et les murs peints en … marron clair. The Damidot Effect. Un peu plus loin à droite, la cuisine. Toute en longueur : inconcevable pour ledit coloc, qui veut de quoi jouer les maestros de la casserole. Encore plus loin à droite, le salon : petit mais cosy, avec sa petite cheminée en marbre noir. Et au fond dudit couloir, le lieu d’aisance … grand comme la moitié de la cuisine. Depuis le salon, une seconde chambre, grande et blanche. Et depuis cette chambre … la salle de bain minuscule. Voilà le gros problème. Non pas qu’elle soit minuscule, mais qu’il faille traverser une des chambres pour y accéder. NEEEEEEEEEXT.

Drôle : la grognasse qui visitait en même temps que moi s’est extasiée sur tout. Même sur la couleur du mur repeint en chocolat au lait. Quand la-dame-de-l’agence nous a demandé si on était intéressés, elle a hurlé son »Oui » du tac-au-tac, ce qui m’a permis de pouffer avant de répondre « Je ne crois pas, non » (en mode snobinard exigeant). M’enfin, c’est quand même dommage, parce qu’il n’était pas si mal.